Ce lundi matin 8 mars, pluie drue sur la N10 pleine de 35 tonnes.... Miss Giordano de France-Inter invite deux petits Pétrones, oui des arbitres de la mode, féminine surtout ... Forcément je m'énerve...c'est très mauvais pour ma vintage qui, elle, demande du doigté ces derniers jours... oui un problème de boite qui s'aggrave... il y a comme un mou de 2 en 3... un glissement grinçant du pignon ... donc calmos... dans les faubourgs d'Orléans, St Jean de Braye....je gobe sans réagir les assertions et doxas diverses d'iceux et des jeunes blogueuses éperdues de tendances, sur les modalités de la fringue revues par temps de crise, les productions H&M, Zara, Camaieu... et tutti ...le sens ontologique de la mode (!!).... une mode qui ferait sens.... blablabla...
L'invité phare...un
couturier maniéré flûté enjoué joue les sociologues-anthropologues genre Deux-magots et se persuade que l'auditeur est un insupportable sale con puisqu'il ne traîne pas ses sabots avenue
Montaigne ... alors que lui, le prince du Goût, l'artiste sophistiqué, quoique 3G (oui nouveau profil humain...gueux-gay-gogo ...arf )...le penseur autorisé de la forme longiligne et des couleurs
de saison , le docte analyste de la libération de la femme....il sait de quoi il parle, ...oui oui en effet .... de la FEMME... dont il ne saura jamais rien en fait je vois bien
... puisqu'il a toujours préféré l'HOMME, c'est à dire une ligne sans hanches ni cambrure ni seins .. burk ces mamelles nan-mé-kelloreur...Il suffit de voir les modèles qu'il produit, pour
les diaphanes et longues imbéciles aux fesses osseuses et fuyantes, au torse d'écolier, au regard mort... qu'il habille sans déshabiller... et fait se dandiner maussades sur les
podiums.
Bon le marquis du goût se répand en fadaises...rappelle que Yves son maître immense a inventé le pantalon de la femme, le costume cintré de femme d'affaires sûre de son Pouvoir areu areu areu...Bref je comprends aussitôt qu'il a conduit de force le troupeau des petites boulottes à se sentir plus désirables en jeans boudinants, en leggins saucissonnants... Elles devraient pourtant savoir que les couturiers ne bosseront pas pour elles, qui trottinent plus près du macadam et donc souffrent dans leur accoutrement de garçon .... et si leurs rondeurs aggravent... ce n'est pas de leur faute...elles mangent plus que les modèles, et ce qu'elles doivent pour tenir debout au boulot. Donc Merci St Yves.
Tout à coup j'entends une dame priée de s'expliquer par la belle Giordano (oui très belle ...un jour oui elle a donné une conférence rue St Guillaume, en 2001 je crois, sur le Cinéma Anglais, les brit actress&actors... les mecs bavaient pantelaient entre deux soupirs déséspérés) ...la dame refuse la mode imposée et recommande l'attitude libre, pour peu qu'on sache ce qui vous convient, pour peu qu'on sache qui on est ... etc... et que la mode est une dictature de plus... bref on voit bien l'idée facile de la dame...Du coup, au micro les niais poseurs et poseuses qui se persuadent que la vie de femme serait pure perte de temps sans le génie tordu de leur icone Sonia Rykiel ou machin...font la gueule et se perdent en contestation molle et confuse de la sacrilège auditrice... Un psycho-drame qui me réjouit quasiment .. Et Isabelle Giordano aérienne, trouve les mots fédérateurs, la phrase ironico-sceptique du compromis qui plaira au public...
Sur le vêtement des femmes j'ai depuis longtemps mon idée quasi inchangée ... Robe first .. Pantalon if necessary & bearable.. arf ...bon disons suitable ...Ma mère prônait la robe et la jupe, fluides, permettant les grands pas... ou rien ... ou alors l'ample pyjama pour les nuits froides... et collectionnait les robes monocolores boutonnées devant et souvent décolletées, de préférence floues, sombres en hiver, du noir au rouge alizarine , ...blanches ou crême en été, dans des tissages ou tricot hivernal de fine laine et soie pour le tombé naturel ... les cotonnades l'été, le lin aussi dans les tons grège ou pastel framboise, anis ...Pour le rien je déconne...encore qu' il faille dire que ma mère était naturiste et s'est baignée nue avec nous en mer ...vingt ans durant , se sèchait au soleil des criques sableuses de Houat ou Hoëdic... ou au large sur le pont du voilier de mon père. Au fond pour elle le vêtement est une contrainte qu'elle minimalise et simplifie, blouse médicale ou paréo T-shirt...Et dans sa fonction officielle, tailleur passe-partout, escarpins Céline..
Sa mère donna l'impulsion son père argumenta contre le vêtement ajusté, pour le vêtement libre à usage multiple... le poncho la chemise unisexe, le short flottant,
les pieds nus autant que possible... Papa et Maman étaient donc de ces adeptes du retour à la nature, hygiénistes médecins naturistes hébertiste gymniques, bref avant-gardistes des années 50...
J'ai vu ma grand-mère maternelle en saari aracnéen bleu azur marcher sous le soleil de midi, pieds nus dans l'alpage, à l'âge de 88 ans .
Lucie se voyait mieux en jeans qu'en robe, mais finalement inversa ses goûts, sous la pression de ma muette contestation.... Claire fut fidèle sinon à moi, pauvre Bru , ...du moins à
sa mise minimaliste... jupe de velours au genou en hiver, de lin-coton en été, son chemisier+cardigan, ses jambes Guides-de-France, nues toute l'année, son unique paire de mocassins
ressemelés par moi...Austérité, frugalité, liberté...
Mildred admet les deux tenues, collectionne les jeans 501 qu'elle choisit dans la taille au-dessus, oui over-sized et perd toute résistance devant une robe de soie
sauvage indigo ... ou vieux rouge de Chine, des tons qui enflamment sa chevelure.... low-necked or not ...Audrey ose tout, sauf le jean skinny qui va bien aux connes et aux
putes ...du short d'athlé à la robe fourreau de satin de soie...du jeans grunge au tailleur Kenzo, sa robe tablier, son battle-dress commando à lourdes poches.... Sa plastique flexible
de sportive au bassin marqué et cuisses de sprinteuse lui ouvre tous les arrangements, y compris la grosse déconne des samedis matin...son pyjama sous ma parka ... qui fait rouler des yeux
les dames scandalisées de la rue Berthier...
Quant à la mode masculine, enfin celle qu'il faudrait pour l'homme actuel... (du 3ème type ?) selon le marquis glougloutant de l'avenue Montaigne... elle doit
évidemment concerner les mollusques urbains... les suiveurs, les convaincus d'avance... bref ceux qui ont besoin de suivre, d'exister par ressemblance, adhésion panurgique etc ...
Et là sur France Inter , un auditeur intervient justement pour se gausser avec drôlerie de l'uniforme Ardisson qu'il croise en milliers d'exemplaire quand il se rend à Paris... du noir du
noir du noir, des pompes en bout d'aiguille, tête gélifiée et jambes d'échassier court sur pattes arf ...Oui bien vu ... atroce attitude convenue ...
J'en suis arrivé à cultiver le démodé justement, la non-mode, l' unfashion new-england indémodable...et je trouve désormais sur internet mes amples vestes donegal ou harris tweed, mes pompes de
Northampton. Mes blazers et chemises Hacket... mes futes laine ou coton au Printemps Parly2...Les petites connes me méprisent de ne pas être comme leurs nases idoles (pour qui y s'prend cuilà, le
fringué-ringard) .. je les entends presque... En fait j'achète peu de fringues, très peu .. disons 200 euros l'an au pire ... je fais durer jusqu'à la corde, comme il se doit.
Mais je brûle mes calories autant que je peux... ça compte bien plus dans l'image de soi... Les mecs quadras avec bide n'ont aucune chance, leurs fringues trendy n'y changeront
rien... moches et lourds ils sont, et leurs gueules grasses déjà bouffies .
Pour les pompes je reconnais une faiblesse, une manie coupable. Je dois en avoir 10 paires en bon état.... sur embauchoirs, cirées lustrées... plusieurs Grafton
j'avoue dont deux burgundy... oui une vraie faiblesse. Avec le Sterling au plus bas...on trouve sur internet des Newbury à moindre prix. Des objets d'art pourtant. Oui pas loin de l'oeuvre
d'art.... avec signature du génial cordonnier sur la peausserie intérieure.

Audrey est violoniste,
celliste, cithariste, vielliste, gambiste, guitariste, bassiste, banjoiste....bref les cordes sont un monde pour elle, le sien... Ses doigts solides en sortent une musique précise et
puissante. Parfaite aussi au piano qu'elle apprit d'abord avec le solfège, à 5 ans, avec maman. Le clavecin est son regret, son instrument de la nuit, ses moments de solitude
mélancolique...
J'ai aussi vécu 4 mois à
Strasbourg, une chambre pour deux, allée de la Robertsau, angle rue Goethe... Madame Huguette Hirsch proprio... sympa pianiste chanteuse lyrique et fiévreuse fumeuse d'herbes illicites... Lucie
faisait un 3ème cycle "culture rhénane"depuis 8 mois à la fac de Lettres, préparant son truc pour septembre... et moi du vélo, des esquisses de maisons classées, à colombages,
des aquarelles, dans le centre ville, la Broglie Plotz... ...C'était l'été 98, les soirées dans la touffeur... On a fait la Forêt-Noire dans tous les sens, l'itinéraire Heidegger, son
petit chalet dans les sapins et l'appart de Hanna Arendt à Freiburg aussi, ... Et les Vosges viticoles en Ford-fiesta modèle 92... Lucie était quasiment folle d'une étudiante
allemande, en médecine psychiatrique...Ingrid, notre aînée de 10 ans.. On dormait parfois chez elle à Schiltigheim dans le grand lit sorti sur la terrasse. Au réveil il y avait une sorte de gène,
une gueule de bois érotique. Ingrid jouait de son ascendant...plaidait pour un sexe créatif et total...
Il est 10:30... Petit déjeuner dans la véranda donnant sur le champ
de neige infini. Kuglhof und eine gute warme Tasse Kaffee Bernard, s'ist alles für mich... Dein Vater bringt mir den besten du weiss schon ...ja ja Colombie aus Fortnum
habe ich gern (1)..
Rue Mad elle a pris sa place
l'année dernière, doucement, et a séduit toute la maison ...Anna fille de Cécile, en khâgne à la Bruyère, hyper-bosseuse, mais jouant volontiers à la poupée avec elle, dînettes
et piano, l'ausculte avec un stéthoscope des années 60, lui fait ses couettes, ses nattes
J'ai lu et relu le recueil publié
chez Penguin dans les années 90/92... et puis je l'ai perdu dans les rochers de St-Philibert (56), ou bien l'avais-je donné à une amie de mon âge, Sabine oui une parisienne en vacances chez
sa grand-mère, chaque été... une fille qui m'en imposait par ses bonnes manières et sa lecture quotidienne de Libé...Sans doute voulais-je améliorer mon image de réac catho versaillais, me
dis-je aujourd'jui .. j'avais 16 ans il faut dire, et donc je pensais que faire la preuve d'une culture branchée anglo-saxonne connotée Marcuse ou Foucault... ne pourrait que me servir
... oui mais non les filles s'en balancent le plus souvent, elles veulent autre chose on sait bien, ou qu'on les adore et qu'on en bave pour elle par exemple...(pour Foucault...
arf non ... ) Et sur Sabine elle même...Libé devait faire partie de son décor d'époque, affichage obligé. Aujourd'hui elle est avocate internationale dans un gros cabinet US de l'avenue
Kléber...et fait ses 150K€ annuels.
Mildred a lu par dessus mon épaule ... ses
cheveux dans ma nuque ... et récité ...Nothing I cared in the lamb white days that time would take me up.....to the swallow thronged loft by the shadow of my hand....oui c'est
la fin de Fern hill...